1. Revalorisation du barème de l'impôt sur le revenu
Bonne nouvelle pour les contribuables : le barème de l'impôt sur le revenu est revalorisé de +0,9 % pour tenir compte de l'inflation. L'objectif est de neutraliser l'effet de la hausse des prix sur le niveau d'imposition des ménages — autrement dit, éviter que vous payiez plus d'impôts simplement parce que vos revenus ont suivi l'inflation.
Les tranches du barème 2026 sont les suivantes :
- Jusqu'à 11 600 € de revenu imposable par part, le taux est de 0 %.
- Entre 11 601 € et 29 579 €, il est de 11 %.
- Entre 29 580 € et 84 577 €, il passe à 30 %.
- Entre 84 578 € et 181 917 €, il atteint 41 %.
- Et au-delà de 181 917 €, le taux marginal est de 45 %.
En clair : Si vos revenus ont simplement suivi l'inflation, vous ne devriez pas payer plus d'impôts que l'année dernière.
2. Reconduction de la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR)
Instaurée en 2025, la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) est reconduite par la loi de finances 2026. Son objectif : garantir un taux d'imposition minimal de 20 % sur les revenus des foyers fiscaux les plus aisés, et ce jusqu'à ce que le déficit public soit ramené sous la barre des 3 % du PIB.
Elle s'applique aux foyers dont le revenu fiscal de référence pour les revenus 2025 dépasse 250 000 € pour un célibataire ou 500 000 € pour un couple.
À noter : Si vous vous situez en dessous de ces seuils, vous n'êtes pas concerné par cette contribution.
3. Création d'une taxe sur les holdings patrimoniales
La loi de finances 2026 instaure une nouvelle taxe sur les holdings patrimoniales, applicable aux exercices clos à partir du 31 décembre 2026. Son champ d'application est plus restreint que ce qui était initialement envisagé.
Elle cible uniquement la valeur vénale de certains biens dits « somptuaires » non liés à une activité professionnelle détenus par ces structures : yachts, véhicules de collection, chevaux de course, bijoux. Sont en revanche exclus de l'assiette taxable la trésorerie, les titres financiers, les participations actives et les œuvres d'art.
Le taux de la taxe s'élève à 20 %, et elle s'appliquera aux holdings contrôlées par des personnes physiques avec un seuil de patrimoine d'au moins 5 millions d'euros.
En pratique : Cette taxe cible un profil très spécifique de patrimoine. Elle ne concerne pas les particuliers qui détiennent des sociétés dans le cadre d'une activité économique normale.
4. Création d'une taxe sur les petits colis
À partir du 1er mars 2026, une nouvelle taxe de 2 euros par article s'applique sur les petits colis importés. Elle vise à rééquilibrer la concurrence entre les plateformes e-commerce étrangères — notamment asiatiques — et les commerces européens.
Elle concerne les colis d'une valeur inférieure à 150 euros, en provenance de pays tiers hors Union européenne.
Ce que ça change concrètement : Si vous commandez régulièrement sur des plateformes comme Temu ou Shein, vos achats à moins de 150 € seront majorés de 2 € par article dès le 1er mars 2026.
5. Doublement du plafond de la réduction d'impôt "Coluche"
Vous faites des dons à des associations d'aide aux personnes en difficulté ? La loi de finances 2026 double le plafond ouvrant droit à la réduction d'impôt dite "Coluche".
Le plafond passe de 1 000 € à 2 000 € par an, avec un taux de réduction d'impôt maintenu à 75 %. Cela signifie qu'un don de 2 000 € vous permet d'obtenir jusqu'à 1 500 € de réduction d'impôt.
Cette mesure est applicable dès les dons effectués fin 2025, pour la déclaration d'impôt sur le revenu réalisée en 2026.
Rappel : La réduction "Coluche" s'applique aux dons versés à des organismes d'intérêt général sans but lucratif venant en aide aux personnes en difficulté (associations humanitaires, banques alimentaires, etc.).
6. Financement du permis de conduire via le CPF : accès restreint
Un changement important pour ceux qui comptaient utiliser leur Compte Personnel de Formation (CPF) pour financer leur permis de conduire.
Désormais, le financement de la préparation aux épreuves du permis de conduire des véhicules du groupe léger (permis A1, A2, B1 et B) via le CPF est limité aux demandeurs d'emploi ou aux salariés bénéficiant d'un financement complémentaire d'un tiers (employeur, OPCO, etc.).
Par ailleurs, l'aide aux apprentis pour financer leur permis de conduire est supprimée.
En clair : Si vous êtes salarié en activité et souhaitez passer votre permis de conduire, vous ne pourrez plus mobiliser seul votre CPF pour le financer. Un cofinancement sera désormais nécessaire.
Ce qu'il faut retenir
La loi de finances 2026 apporte plusieurs évolutions directement perceptibles pour les particuliers :
- Le barème de l'impôt sur le revenu est revalorisé de 0,9 % pour compenser l'inflation.
- La CDHR (taux d'imposition minimal à 20 %) est reconduite pour les hauts revenus dépassant 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple).
- Une taxe de 20 % sur les biens somptuaires détenus via des holdings patrimoniales est créée pour les patrimoines d'au moins 5 millions d'euros.
- Une taxe de 2 € par article s'applique aux petits colis hors UE inférieurs à 150 €, dès le 1er mars 2026.
- Le plafond des dons "Coluche" est doublé, passant à 2 000 € à 75 % de réduction d'impôt.
- Le CPF pour le permis de conduire est désormais réservé aux demandeurs d'emploi ou aux salariés avec cofinancement.
Pour optimiser votre situation fiscale personnelle à la lumière de ces changements, n'hésitez pas à prendre rendez-vous avec notre cabinet.

